Plateformes crypto : comment vérifier que la vôtre est autorisée depuis MiCA
Sommaire 7 sections
Ce qu'il faut retenir
- Depuis le 2 juillet 2026, l'agrément européen MiCA est obligatoire pour proposer des services sur crypto-actifs en France : l'ancien enregistrement PSAN ne suffit plus.
- Début juillet, l'AMF avait agréé 31 acteurs français, et 283 acteurs étaient agréés dans toute l'Union européenne.
- Une plateforme agréée dans un autre pays de l'UE peut servir les clients français si elle a notifié la France ; c'est l'entité juridique précise qui compte, pas la marque.
- Pour vérifier : registre MiCA de l'ESMA, listes blanches et noires de l'AMF, et mentions légales de la plateforme.
- Si votre plateforme n'est pas autorisée : arrêtez les dépôts, retirez vos actifs progressivement, exportez votre historique pour les impôts et ne payez jamais de « frais de déblocage ».
C'est un changement discret mais majeur pour les épargnants en cryptomonnaies. Depuis l'été 2026, toutes les plateformes qui servent des clients français doivent disposer d'un agrément au titre du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets). Les acteurs qui ne l'ont pas obtenu doivent organiser leur sortie du marché. Voici comment vérifier que votre plateforme est en règle, et quoi faire si ce n'est pas le cas.
Ce qui a changé le 1er juillet 2026
Jusqu'ici, les plateformes françaises opéraient sous le statut de PSAN (prestataire de services sur actifs numériques), créé par la loi Pacte de 2019. Le règlement MiCA, pleinement applicable dans l'Union européenne depuis le 30 décembre 2024, prévoyait une période transitoire pour ces acteurs. En France, elle s'est achevée le 1er juillet 2026 : depuis le 2 juillet, seuls les prestataires agréés MiCA (appelés PSCA, ou CASP en anglais) peuvent proposer leurs services.
Selon l'AMF, la France comptait début juillet 31 acteurs agréés, d'autres dossiers étant en cours de finalisation, et 283 acteurs étaient agréés dans l'ensemble de l'Union européenne. Les prestataires sans agrément doivent mettre en œuvre un plan de liquidation ordonnée, surveillé par l'AMF et l'ESMA, l'autorité européenne des marchés financiers, avec pour priorité la protection des clients.
Agréé en France ou ailleurs en Europe : les deux comptent
MiCA crée un passeport européen : une plateforme agréée dans un pays de l'Union peut servir les clients des autres pays, à condition d'avoir notifié les pays concernés. Une plateforme agréée à Malte, au Luxembourg, en Autriche ou en Irlande peut donc légalement servir les Français si elle a déclaré la France.
Attention en revanche : il n'existe aucun régime d'équivalence avec les pays hors Union européenne. Une plateforme installée hors de l'UE sans entité agréée dans l'Union ne peut pas démarcher les clients français.
Exemples de plateformes figurant au registre MiCA de l'ESMA à la mi-septembre 2026, d'après un relevé publié par le site Hyrulea :
| Agréées par l'AMF (France) | Agréées dans un autre pays de l'UE, France déclarée |
|---|---|
| Bitstack, Coinhouse, Deblock, Feel Mining, Finary, Meria, Paymium, SwissBorg | Bitpanda, Bitstamp, Bitvavo, Bybit, Coinbase, Crypto.com, eToro, Gemini, Kraken, KuCoin, OKX, Revolut, Trade Republic |
Liste non exhaustive, donnée à titre indicatif : seul le registre officiel fait foi, et une plateforme absente de ce tableau n'est pas forcément non autorisée.
Comment vérifier votre plateforme en 4 étapes
- Repérez l'entité juridique qui gère votre compte, dans les conditions générales ou les mentions légales de l'application. Une même marque peut avoir plusieurs sociétés en Europe, et toutes ne sont pas autorisées à servir la France.
- Consultez le registre MiCA de l'ESMA (fichiers des prestataires de services sur crypto-actifs) et vérifiez que cette entité y figure, avec la France parmi les pays notifiés.
- Consultez les listes de l'AMF : la liste blanche des acteurs autorisés et les listes noires des sites non autorisés, régulièrement mises à jour.
- Vérifiez les stablecoins que vous détenez : certains jetons non conformes à MiCA ont été retirés ou limités sur des plateformes européennes.
Un bon réflexe complémentaire : vérifiez que votre compte est bien soumis aux contrôles d'identité habituels. Si ce n'est pas le cas, c'est un signal d'alerte. Nous expliquons le principe dans notre article sur le KYC en crypto.
Votre plateforme n'est pas autorisée : que faire ?
- Stoppez les dépôts et les achats programmés.
- Lisez les annonces en ouvrant directement l'application ou le site, jamais depuis un lien reçu par e-mail ou SMS.
- Retirez vos actifs progressivement, en commençant par un petit transfert test, et vérifiez soigneusement l'adresse et le réseau. Un transfert vers votre propre portefeuille au-delà de 1 000 € peut nécessiter une preuve de propriété. Si vous découvrez l'auto-conservation, lisez notre guide sur MetaMask.
- Exportez votre historique de transactions et vos relevés : ils vous serviront pour votre déclaration de plus-values (formulaire 2086) et en cas de litige.
- Déclarez vos comptes à l'étranger : si votre compte est géré par une société étrangère, il doit être déclaré chaque année avec le formulaire 3916-bis. L'oubli est sanctionné de 750 € par compte, 1 500 € si sa valeur a dépassé 50 000 €.
Gare aux arnaques au « déblocage »
Les changements réglementaires sont une aubaine pour les escrocs. Si l'on vous réclame des frais pour débloquer un retrait, ne payez rien. Conservez vos échanges, signalez-les à l'AMF, appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817 et envisagez un dépôt de plainte. Méfiez-vous aussi des sociétés qui proposent de « récupérer » vos fonds moyennant paiement, et ne communiquez jamais votre phrase de récupération.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs très volatils : n'investissez que ce que vous êtes prêt à perdre.
Sources
- AMF — Crypto-actifs : fin de la période transitoire Pacte / MiCA (6 juillet 2026)
- Hyrulea — Fin de la période transitoire MiCA : quelles plateformes crypto ont encore le droit d'opérer en France ?
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'agrément MiCA ?
C'est l'autorisation européenne prévue par le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) pour proposer des services sur crypto-actifs. Il est obligatoire en France depuis le 2 juillet 2026 et remplace l'ancien statut PSAN.
Une plateforme crypto étrangère peut-elle servir les Français ?
Oui si elle est agréée MiCA dans un pays de l'Union européenne et qu'elle a notifié la France. Il n'existe pas d'équivalence pour les plateformes situées hors de l'UE.
Combien de plateformes crypto sont agréées en France ?
Début juillet 2026, l'AMF avait agréé 31 acteurs, et 283 acteurs étaient agréés dans toute l'Union européenne. Le registre de l'ESMA est mis à jour régulièrement.
Comment savoir si ma plateforme crypto est autorisée ?
Identifiez la société qui gère votre compte dans ses mentions légales, puis vérifiez sa présence dans le registre MiCA de l'ESMA, avec la France parmi les pays notifiés, et sur les listes de l'AMF.
Que faire si ma plateforme crypto n'est pas agréée MiCA ?
Arrêtez les dépôts, retirez vos actifs progressivement après un transfert test, exportez votre historique pour les impôts et ne payez jamais de frais pour débloquer un retrait.



